« Adaptation, 4×30 jours au cœur des extrêmes », de Christian Clot
- Paul Reure
- 19 avr. 2020
- 2 min de lecture
Dans son film, Adaptation, Christian Clot raconte l’aventure de sa vie : 4 expéditions de 30 jours chacune au coeur des milieux les plus extrêmes de la planète.

Cet explorateur et scientifique franco-suisse cherche à comprendre depuis des années comment le cerveau s’adapte à l'environnement, en passant quatre fois trente jours dans les milieux les plus hostiles du globe :
30 jours dans le désert de Dacht-e Kavir, en Iran
30 jours dans les canaux marins de Patagonie, au Chili
30 jours dans la forêt d’Amazonie, au Brésil
30 jours à l’extrême Est sibérien, en Russie
Christian Clot évolue dans des paysages grandioses, vierges de toutes traces humaines. Il recherche la difficulté la plus poussée, c’est pour cela qu’il n’a aucun lien avec ses équipes de coordination. Pas de téléphone satellite.
Pour survivre, il n’a d’autre choix que d’être vigilant à chaque instant. Son ennemi : l’épuisement cognitif qui peut le conduire à “commettre des erreurs fatales”.
Chaque jour, il respecte scrupuleusement le protocole scientifique mis en place pendant la préparation des expéditions : battements du coeur, électrodes sur son crâne, alors qu’il fait 58°C à l’ombre …
Christian et ses équipes cherchent à savoir comment le corps humain réagit dans des situations extrêmes : En combien de temps le cerveau calcule “ 8 x 7 “ alors qu’il se trouve au coeur du désert le plus aride du monde par exemple ? Même question alors qu’il se trouve au fin fond de l’Amazonie ?
L’épreuve est aussi physique que psychologique et même spirituelle. Il est particulièrement intéressant de découvrir à quel point les priorités évoluent selon le milieu dans lequel nous nous trouvons. Aussi drôle que compétent, Christian Clot est parfois touchant dans ce film d’exploration par excellence.
Voici quelques pistes de réflexions évoqués par Christian Clot à la suite de ses différentes expériences. En espérant que cela vous donne l’envie de regarder ce superbe film :
“Deux convictions en moi ont été renforcées. L’importance de la peur d’abord. La peur n’évite pas l’erreur mais c’est une vraie ressource, une alerte qui signifie que je suis en déficit par rapport à quelque chose. Il est fondamental d’accepter et d’écouter nos peurs pour comprendre quel est ce déficit.”
“Aussi, L’importance de l’émerveillement. Chaque fois que j’ai été confronté à une situation difficile, j’ai pu m’en sortir parce que quelque chose m’en a donné envie. Un animal, un beau paysage, un souvenir, une envie d’aller vers quelque chose, n’importe quoi. Je me suis mis à travailler volontairement cette notion d’émerveillement chaque fois que quelque chose se passait mal. Chercher quelque chose autour de soi qui puisse susciter le plaisir, émerveiller. J’ai envie de défendre cette notion, de réapprendre à s’émerveiller.”
“J’ai acquis une certitude absolue : on ne peut pas faire changer quelqu’un tant qu’il n’a pas une vraie raison émotionnelle de le faire. L’émotion est indispensable. On doit donc mieux comprendre comment les mécanismes de l’émotion fonctionnent. Comment le cerveau fonctionne pour changer, pour créer un nouveau paradigme ? Il faut comprendre le cerveau et notre système d’intelligence globale, pas seulement ce qu’on a dans la tête. Cela comprend nos neurones stomacaux, notre capacité d’écoute, de sensations, etc.”
Lien Vimeo ( 3,70€ le film )

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